Des repères chronologiques et quelques éclairages sur l'histoire de la ville de Fondettes

Un panorama des principaux sites, bâtiments,monuments et autres objets de notre patrimoine.


ligne horizontal
Cette année-là,
1735...
> en savoir plus

ligne horizontal
le mot en question
La "grange des dîmes"
> en savoir plus

ligne horizontal

 

La "grange des dîmes"

La « grange des dîmes » (ou « grange dimière », ou « grange dîmeresse ») était le lieu où, sous l’Ancien Régime, les religieux stockaient le produit de la dîme. La dîme était l’impôt dû au clergé par les propriétaires de terres dépendant d’un fief ecclésiastique. Cet impôt représentait le dixième de la récolte effectuée sur lesdites terres. Ainsi le mot « dîme » a pour origine le mot latin decima qui signifie dixième.


Le "charlit"

Dans les inventaires après décès établis par les notaires de Fondettes, figurent, parmi les meubles inventoriés, des « charlits ». Ce mot désigne les bois de lits dans lesquels on posait les paillasses, elles-mêmes enveloppées de draps appelés régionalement les « souilles ». L’usage de la graphie « charlit » semble géographiquement très circonscrite. Ailleurs, on trouve le mot sous la forme « chaslit », devenue « châlit » en français moderne. Le « r » qui se substitue au « s » dans les écrits notariaux fondettois correspond peut-être à une prononciation très locale.


"L'abonnement" des vendanges

Jusqu’à la crise du phylloxéra qui anéanti une grande partie de vignoble français à la fin du 19e siècle, les coteaux de Fondettes et de Vallières, exposés au sud, sur la rive droite de la Loire, étaient couverts de vignes. Sous l’Ancien Régime, il s’agissait de petites exploitations, les closeries, dans lesquels des vignerons, appelés closiers, exploitaient quelques lopins, souvent pour le compte de bourgeois de Tours, propriétaires des domaines. Chaque année, à Vallières comme à Fondettes, on réunissait les propriétaires lorsque le raisin arrivait à maturité, pour décider, lors d’un vote, du jour des vendanges. C’est un usage qui s’appelait « l’abonnement » des vendanges : c’est-à-dire le temps où le raisin devenait bon. A Vallières, c’était le procureur fiscal de Saint-Julien de Tours, propriétaire de l’Abbaye et du fief, qui organisait ce scrutin. Le vin produit n’était pas de grande qualité, mais à cette époque, on privilégiait les « vins de soif », souvent coupés d’eau, plutôt que les grands crus qu’on ne savait guère conserver.

J.P. Pineau


La Barre (et la Grosse-Pierre)

En l’occurrence, aujourd’hui, ce sont plusieurs mots que nous évoquons dans notre rubrique « Le mot en question ».

A Fondettes, les deux rues de la Barre et de la Grosse-Pierre ont été ainsi nommées en raison des anciens lieux-dits qui se trouvaient à proximité.

Mais quelle histoire se cache derrière ces deux toponymes. Nous pouvons avancer l’hypothèse que ces deux noms ont la même origine. En effet, ils se trouvent tous les deux situés à la limite septentrionale du fief de Vallières qui recouvrait, sous l’Ancien Régime, le même territoire que l’ancienne paroisse Saint-Pierre de Vallières, et qui dépendait de l’abbaye de Saint-Julien, à Tours.

Le nom de la Grosse-Pierre évoque, selon moi, l’ancienne borne féodale qui avait été érigée sur le site pour marquer la limite du fief, tandis que le nom de la Barre fait référence lui, à la frontière, matérialisée peut-être par une barrière installée au même endroit, afin d’encaisser auprès de ceux qui la franchissaient les droits féodaux qui y été attachés.

J.P. Pineau



Chaussumiers

Le nom de la rue des Chaussumiers a été inspiré par celui du lieu-dit qui existait à proximité. Mais que signifie ce mot ? Il s'agit du terme employé dans la région pour désigner les ouvriers travaillant la chaux. On le trouve dans les actes des notaires fondettois de l'Ancien Régime. C'est un synonyme local des mots "chaufournier" ou "chaulier" que citent les dictionnaires modernes.


Le Peu

A Fondettes, les rues étroites et pentues qui gravissent les coteaux des deux côtés de la rue Eugène-Goüin (les rues du Docteur Balmelle, du Vicariat, de Châteauneuf, et l'impasse Eugène-Goüin) étaient jadis appelées (les anciens Fondettois s'en souviennent) "les peux". Et comme l'onomastique ne se refuse ni paradoxe ni oxymore, la rue du Vicariat était nommée "le Grand-Peu" et  la rue Balmelle, "le Petit-Peu". Ce terme régionaliste désigne ainsi des ruelles en pente. On peut se demander quelle est l'origine de ce mot. Faute d'autre explication, je fais, pour ma part, l'hypothèse hasardeuse qu'il pourrait être dérivé du celtique "pen" qui désigne une colline, une montagne.
Il est regrettable qu'en nommant les rues de notre bourg, on n'ait pas conservé et ainsi sauvegardé ce vieux terme tourangeau : "le peu du Vicariat" ou "le peu de Chateauneuf".

J.P. Pineau


Pourquoi avoir choisi ''Fundeta'' pour le nom de l'association

Ce nom nous a semblé bien illustrer l’activité de notre association qui est consacrée à l’histoire et au patrimoine de Fondettes. Le nom d’origine latine Fundeta est le premier connu pour désigner Fondettes. Il a été relevé dans une charte de l’abbaye de Marmoutier, datant de 1080, sous la formulation complète : ecclesia Sanctae Mariae de Fundeta. Ainsi apprend-on, par la même occasion, que l’église d’alors était dédiée à la Vierge avant de l’être à saint Symphorien.