Des repères chronologiques et quelques éclairages sur l'histoire de la ville de Fondettes

Un panorama des principaux sites, bâtiments,monuments et autres objets de notre patrimoine.


ligne horizontal
Cette année-là,
1735...
> en savoir plus

ligne horizontal
le mot en question
La "grange des dîmes"
> en savoir plus

ligne horizontal

L’église Saint-Symphorien

La première mention de l’église de Fondettes apparaît dans une charte de l’abbaye de Marmoutier datant du milieu du 11e siècle. Une autre charte, de la même origine, rédigée en 1080, nous apprend que l’édifice était à cette époque dédié à la Vierge Marie. Reconstruit à la fin du 12e siècle, il est alors placé sous le vocable de saint Symphorien, un vocable qu’il a gardé jusqu’à nos jours.


Aspect général

Plan au sol de l'Église Saint-Symphorien de FondettesCe qui frappe d’abord c’est la haute et fine flèche d’ardoises, sans doute une des plus belles de Touraine.
Le bâtiment, orienté au nord-est, se compose d’une nef et de deux collatéraux, de chacun trois travées. Au chevet, deux chapelles, placées de chaque côté du chœur, terminent l’édifice : la chapelle nord est dédiée à saint Jean-Baptiste  ; celle du sud, à la Vierge Marie .
Le plan au sol, reproduit ci-contre, retrace les trois périodes supposées de la construction entreprise sur l’emplacement de la première église évoquée dans la charte du 11e siècle. Le plan met également en évidence l’implantation légèrement désaxée de l’absidiole sud, sans doute élevée sur les fondations anciennes, ce qui a pour conséquence un élargissement de la chapelle de la Vierge par rapport à celle de Saint-Jean-Baptiste, au nord. Cette dernière est par ailleurs moins profonde, ce qui a permis, au 18e siècle, d’accoler à son chevet une construction destinée à servir de sacristie.
Jusqu’à la fin du 18e siècle, deux autres chapelles ont existé, dans l’église ; l’une était dédiée à sainte Barbe, l’autre à sainte Anne. Il s’agissait en fait de deux petits autels adossés à des piliers de la nef et protégés par des balustrades. Mais ces constructions, bien que légères, gênaient les offices et les processions dans l’église. Les curés s’en plaignirent à l’archevêque qui en autorisa la suppression en 1788.


L'église Saint-Symphorien de Fondettes, côté sud.Les murs extérieurs

Ils datent du 13e siècle et ont été prolongés ou reconstruits au 15e siècle au niveau de la première travée. Le mur nord est percé de deux verrières - l’une à hauteur de la 3e travée, l’autre à hauteur de la travée précédant l’autel Saint-Jean-Baptiste. Dans ce même mur, une petite porte s’ouvre sur la ruelle au nord du bâtiment.
Les verrières aménagées dans le mur sud éclairent les première et deuxième travées, ainsi que celle précédant l’autel de la Vierge. La porte sud, percée dans la troisième travée, s’ouvre sur ce qui était jadis la place principale du village. En 1863, on a supprimé l’appentis qui protégeait des pluies cet accès à l’église. A gauche de la porte, on peut voir encore, enterré sous les aménagements paysagers de ces dernières années, l’estrade de pierre  qui servait, sous l’Ancien Régime, au syndic de la paroisse à se faire mieux entendre des habitants assemblés, et plus tard, au 19e et au début du 20e siècle, au garde-champêtre à faire ses annonces municipales.


La façade ouest

Sculpture en saillie représentant une barque de LoireComme les murs de la première travée, elle fut élevée à la fin du 15e siècle pour remplacer l’ancienne façade du 13e siècle. Le portail ne manque pas d’élégance, avec sa rosace de pierre sculptée, et les fines sculptures qui l’ornementent. On remarquera les deux arcs surbaissés de la porte, et le trumeau qui la sépare. Au sommet de ce trumeau, restauré en 1863, a été posée une statue de sainte Barbe, signée Buré. En haut du portail, dans l’angle nord, une pierre sculptée porte les traces d’un écu, buché sans doute à la Révolution, et qui portait des armes seigneuriales. Faisant pendant, dans l’angle sud, une sculpture en saillie représente une barque de Loire (voir photo ci-contre) ; elle témoigne de l’invocation fréquente des saints de l’église paroissiale par les travailleurs et les riverains du fleuve, pour se protéger de ses dangers ou de ses colères.
En 1990, des travaux ont permis de restituer les têtes des pinacles, ainsi que de reprendre quelques sculptures de la façade à la manière des originaux. Le portail est surmonté d’une large fenêtre qui en reproduit l’arc. De chaque côté, on peut lire, gravées dans la pierre, des inscriptions en lettres gothiques difficiles à interpréter en raison de l’usure du tuffeau. Deux autres verrières placées symétriquement à gauche et à droite du portail éclairent les collatéraux de l’église.


Le chevet

C’est la partie la plus ancienne de l’édifice. Ce chevet pourrait dater de la fin du 12e siècle. On peut noter la sobriété de son architecture que l’on assimile au style dit gothique angevin. Au nord, adossé à la chapelle Saint-Jean-Baptiste, la sacristie  date du début du 18e siècle. Son mur a été rehaussé en 1748.


Le chœur

L’abside semi-circulaire du chœur est, comme les absidioles des chapelles collatérales, précédée d’une travée. Trois fenêtres en plein cintre éclairent ce chœur. Leurs voûtes en cul-de-four sont renforcées par six branches d’ogive qui s’appuient sur des colonnettes soutenues par des culots. Le décor réalisé au 19e siècle, comme celui des chapelles, est dû au peintre Henri Grandin. Les vitraux sont datés de 1844 et ont été réalisés par la manufacture du Mans. Ils représentent, de gauche à droite : sainte Barbe, patronne des pompiers, saint Symphorien, patron de la paroisse, et saint Vincent, patron des vignerons. Le maître-autel, en bois, était utilisé jusqu’au concile Vatican II, qui demanda aux prêtres d’officier face aux fidèles. Sur le mur à gauche, on peut voir un Christ en pierre, datant du 16e s., appelé le « Crucifix-Rigalou ». Il a été placé là en 2006, et fut remplacé par une copie en résine sous l’auvent d’une maison du lieu-dit « Le Chaussé », où il se trouvait anciennement.


Vitraux de la Chapelle de la Vierge MarieLa chapelle de la Vierge Marie

Comme on l’a dit précédemment, son absidiole est plus large que celle de la chapelle nord. Elle est voûtée sur deux branches d’ogives profilées d’un tore et percée de trois fenêtres. L’autel, posé en 1863, est un don du duc d’Uceda, propriétaire alors du château de Châtigny. Les vitraux, dûs à l’atelier Lobin, de Tours, ont été réalisés en 1867. Ils illustrent la vie de la Vierge. Il faut les lire, chronologiquement de bas en haut. Sur le vitrail de gauche, on peut reconnaître ains la Présentation de Marie au Temple, l’Annonciation, et la naissance du Christ ; sur le vitrail de droite : la fuite en Egypte, les noces de Cana, et la Crucifixion ; sur le vitrail du centre : la Pentecôte, la Dormition ou l’Assomption, et le couronnement de la Vierge.


La chapelle Saint-Jean-Baptiste

Les fenêtres, qui étaient percées jadis dans les murs de l’absidiole, ont été bouchées au 18e siècle lors de la construction de la sacristie. Les peintures réalisées sur ce mur aveugle représentent, au centre, Jean-Baptiste en train de prêcher, et de chaque côté, les prophètes : (de gauche à droite) Daniel, Isaïe, Jérémie et Ezéchiel.


Le clocher et les cloches

Il s’élève au-dessus de la 3e travée de la nef. On y accède par l’extérieur, au nord de la sacristie. Sa flèche octogonale est bâtie en charpente et couverte d’ardoises. A sa base, huit lucarnes ont été aménagées, en 1881, pour servir d’abat-son. Le clocher abrite deux cloches. La première a été refondue en 1818, grâce à une souscription parmi les habitants ; elle est placée sous l’invocation de saint Symphorien. La seconde, baptisée Laure Andrée Jeanne Marie, a été refondue en 1939. Le clocher, rénové entièrement en 1879, l’a été à nouveau en 1990, en même temps que la totalité de la toiture.

Le mobilier et le décor intérieur

Plusieurs tableaux et statues ornent l’église. S’agissant des peintures, on peut voir notamment plusieurs œuvres anciennes, comme une adoration de l’Hostie (16e s.), saint Jean-Baptiste (17e s.), deux Vierge à l’enfant, saint Michel terrassant le dragon, ainsi qu’une toile contemporaine qui représente Jeanne-Marie de Maillé, sous l’invocation de laquelle est aujourd’hui placée la paroisse dont dépend l’église de Fondettes.
Les statues sont celles de sainte Thérèse et de sainte Jeanne d’Arc (collatéral sud), le Sacré-Cœur de Jésus et la Vierge Marie (chapelles collatérales), saint Joseph portant l’enfant Jésus, saint Antoine et saint Antoine de Padoue (collatéral nord).
On admet généralement que le confessionnal nord est celui dont la fourniture est évoquée par le curé Roy en 1744.


Les restaurations

Nous avons fait état ci-dessus de quelques-unes des restaurations effectuées sur l’édifice, mais le bâtiment a fait l’objet, au cours des siècles, de travaux d’entretien permanents, souvent difficiles à financer, comme on peut s’en rendre compte à la lecture des actes d’assemblées des habitants sous l’Ancien Régime. Le carrelage a notamment dû subir d’incessantes réparations en raison des inhumations qui avaient lieu à l’intérieur de l’église ; certaines étaient des sépultures provisoires effectuées dans l’édifice en raison des conditions climatiques ; d’autres étaient des sépultures perpétuelles, comme celles des seigneurs de Martigny dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste, et celles des curés de la paroisse dans le chœur.
Depuis le 18 avril 1995, l’église est inscrite aux Monuments Historiques pour le décor intérieur réalisé vers 1863 par Louis Grandin.



Bibliographie :    
JEANSON Denis, Sites et monuments du Val de Loire 2, Tours, 1984, p. 97 à 108.
MENUET Louis et DEYRES Marcel, in Fondettes, entre Loire et Gâtine, Chambray-lès-Tours, 1994, p. 137 à 143.
Plaquette d’information de la paroisse Jeanne-Marie de Maillé, L’église Saint-Symphorien de Fondettes, s.d.
CARRE DE BUSSEROLE Jacques-Xavier., Dictionnaire géographique, historique et biographique d’Indre-et-Loire, Mayenne, rééd. 1966, vol. 2, t. 3, p. 80 et 81.