Une épidémie à Fondettes… sous Henri IV

Les archives concernant Fondettes ont gardé assez peu de traces des épidémies qui ont traversé son histoire. Pourtant, dans un registre paroissial datant des années 1599-1615, le curé et ses vicaires ont rédigé quelques notes qui nous renseignent sur ce qui fut sans doute, au début du XVIIe siècle, une « crise sanitaire », pour employer une expression tristement d’actualité. Le document dans lequel figurent ces informations n’est pas à proprement parler un registre des sépultures : à Fondettes, le premier véritable registre des sépultures date de 1661. Il s’agit plutôt, en l’occurence, d’un livre sur lequel, à l’occasion de cérémonies d’obsèques, le curé, Jean Ragideau, tient les comptes des sommes dont sont redevables les familles des défunts, en fonction des diverses prestations fournies par lui-même ou par ses vicaires, nommés Grohant et Hector (grandes messes ou messes basses, processions, vigiles, litanies, luminaires, etc.).
Sur ce registre, à l’automne 1607 (nous sommes alors sous le règne d’Henri IV, bientôt interrompu par le couteau de Ravaillac), on relève dans les notes du curé quelques mentions supplémentaires ayant trait à la cause du décès : les indications « mort de contagion » ou « morte de contagion ». La première de ces notes date du lundi 10 septembre 1607 et la dernière du lundi 22 octobre de la même année. On peut en déduire que l’épidémie a duré environ six semaines. Au total, si l’on s’en rapporte au nombre de mentions, il y aurait eu à Fondettes (sans Vallières, paroisse séparée) 12 décès dus à cette maladie : 6 femmes et 6 hommes. Mais nous sommes probablement en dessous de la réalité, car, dans la même période, deux couples mariés, ainsi qu’un père et sa fille, sont inhumés à moins de deux jours d’intervalle, alors qu’une seule mention de contagion est portée pour chaque famille : ceci porterait le total à 15 décès pour cette même cause de contagion. Malheureusement, nous ne connaissons pas la nature de l’épidémie.

Jean-Paul Pineau