Au temps  où les abeilles…

Au temps où les abeilles…

Au temps où les abeilles…

Parmi les nombreuses cartes postales de Fondettes éditées au début du 20e siècle, l’une présente une vue originale du plateau qui domine le lieu-dit Les Roches et le hameau de La Guignière. Sur ce cliché on distingue d’abord la tour de Bellevue, une haute construction, attachée à la propriété du même nom, du sommet de laquelle on profitait certainement d’un panorama exceptionnel sur la Loire et la ville de Tours. Cette tour a été détruite lors des bombardements qui ont visé le pont de la voie ferrée sur la Loire près du Pont de la Motte. Et sur la même image, dans le parc de Bellevue, au pied de l’édifice, on peut apercevoir une rangée d’au moins une vingtaine de ruches. Ce rucher appartient au propriétaire de Bellevue, un certain Eugène Hardouin. Ce dernier est originaire de Parçay-les-Pins (49), où il est né le 28 décembre 1849. Après son mariage, il s’installe comme marchand chasublier (fabricant de vêtements sacerdotaux) à Bressuire (79). Une fois retiré des affaires, il acquiert le domaine de Bellevue et s’adonne à sa passion pour l’apiculture, devenant même président de l’association syndicale apicole d’Indre-et-Loire. Eugène Hardouin meurt à Fondettes le 10 janvier 1927.

 

 

Claire Oberge-Sanzay, résistante : ses attaches fondettoises

Claire Oberge-Sanzay, résistante : ses attaches fondettoises

Claire Oberge-Sanzay, grande résistante : ses attaches fondettoises.

Celle qui est honorée pour son action de résistante sous le nom de Claire Oberge est née le 31 août 1903. Elle est alors déclarée sous les prénoms de Clara, Constance, à la mairie de Chinon, où vivent ses parents, Louis Courmarcel, ouvrier graveur sur métaux, et Anne Garnier, ménagère, dans une des maisons du quartier populaire du coteau. Et c’est à Chinon qu’elle passe son enfance et qu’elle épouse, le 30 octobre 1920, Auguste Sanzay, qui exerce le métier de maçon. Elle, à cette époque, occupe les fonctions de femme de chambre.

Son mari décède prématurément en 1930. Elle part alors s’installer à Sceaux. C’est là qu’elle rencontre celui qui deviendra son second époux, Charles Oberge. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle travaille pour ce dernier, dépositaire de journaux dans la ville. C’est dans ce cadre qu’elle va intégrer les réseaux de la Résistance et se distinguer par de nombreuses actions d’éclat. Dans la camionnette de Charles Oberge, elle va notamment sortir plus de 400 prisonniers des camps allemands de La-Croix-de-Berny, La-Celle-Saint-Cloud, Antony, Gien, Montargis… Elle déménage aussi le matériel de l’imprimerie clandestine du journal « Résistance » alors que celle-ci venait d’être repérée par l’ennemi. Elle participe encore à la fabrication de fausses cartes et faux-papiers dans une petite imprimerie installée dans l’arrière boutique de la librairie. Elle héberge enfin des parachutistes alliés dans son appartement au dessus du commerce.

Après la guerre, grande résistante reconnue, elle est la première femme, avant la maréchale Leclerc, appelée à ranimer la flamme devant la tombe du Soldat inconnu.  Elle reçoit de nombreuses distinctions : croix de chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre avec palme, médaille de la Résistance… Elle sera également membre du conseil municipal de la ville de Sceaux.

Veuve depuis 1971, en 1987, âgée de 84 ans, elle quitte la ville de Sceaux pour venir vivre ses dernières années chez son neveu, Léon Sanzay, conseiller municipal charismatique de Fondettes. Elle décède en 1992 à la maison de cure de Luynes.